Assurance chômage: contrats courts au menu de bonnes affaires tendues

Même avant une nouvelle série de négociations sur l'assurance-chômage, prévue pour le mercredi 9 janvier, les employeurs ont déjà fait savoir son opposition au principe du bonus-malus. Face à lui, les solutions syndicales divergent.

C'est la fin de la confiscation de la trêve pour les partenaires sociaux. Ce mercredi 9 janvier à 14h, au siège du Medef à Paris, ils reprennent la voie des négociations autour duassurance chômage. Ils ont officiellement jusqu'à la fin janvier pour parvenir à un accord, même si le gouvernement a ouvert la porte à une prolongation jusqu'au 22 février, au cas où les négociations prendraient plus de temps que prévu. La réunion de ce mercredi devrait se concentrer sur les contrats courts. C’est le principe du bonus-malus qui sera évidemment à la tête de chacun. L'idée: faire payer les entreprises qui abusent des contrats à durée déterminée et récompenser les plus prudents.

Si cet outil n’est pas écrit en blanc dans la lettre de cadrage envoyée au début des négociations par le gouvernement, c’est l’un des thèmes majeurs de la campagne d’Emmanuel Macron. Et par le biais de la loi "Avenir professionnel" adoptée l'été dernier, les branches ont déjà été encouragées à trouver des accords sur l'utilisation du CDD. "Mais à ce jour, seuls cinq accords ont été signés sur environ 200 succursales en activité", a déclaré Michel Beaugas, négociateur de Force Ouvrière (FO). D'autant plus que le patron du trio Medef-U2P-CPME est totalement opposé au principe du bonus-malus: en novembre dernier, le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux avait déjà dénoncé un système qui "détruirait le CDD et l'intérimaire des emplois sans pour autant autant que créer CDI ".

@EmmanuelMacron le bonus malus imaginé par le gouvernement va détruire les emplois temporaires et temporaires sans créer de CDI! @AsselinFasselin tous les entrepreneurs le pensent. la solution est de scanner dans les succursales et de repenser le contrat de travail du XXème siècle

– G Roux de Bézieux (@GeoffroyRDB) 9 novembre 2018

Du côté des syndicats, nous ne sommes bien sûr pas opposés à l’idée d’un bonus-malus, mais cela n’empêche pas une bonne dose de pragmatisme. "Ce que nous souhaitons vraiment, c'est que le gouvernement ne reprenne pas la tête du mouvement. Nous savons dès le départ que les employeurs ne veulent pas du bonus-malus. Nous allons écouter leurs propositions. Mais il est encore nécessaire que les mesures proposées vraiment apporter un plus employés préoccupé par les contrats courts ", explique Jean-François Foucard, négociateur CFE-CGC.

"Les contrats courts ne sont pas la seule situation précaire dans le monde du travail"

La CGT est déjà pessimiste à propos des employeurs les propositions. "Mais surtout, les contrats courts ne sont pas la seule précarité dans le monde du travail. Nous allons donc essayer également d'orienter le débat sur la question du temps partiel, qui est une autre forme de précarité", a déclaré Denis Gravouil, négociateur du centrale CGT. Sur le système de bonus-malus lui-même, il n'y a pas d'opposition de principe mais il conteste le bonus: "Pourquoi féliciter une entreprise qui ne respecte que la loi?", Se demande-t-il en plaidant pour une "réorganisation du travail" plutôt qu'un système de bons et mauvais points.

>> À lire aussi – Bonus-malus sur contrats courts: ce rapport de l'OFCE ne devrait pas plaire aux employeurs

C'est sûrement dans Force ouvrière que le principe du bonus-malus trouve le plus d'écho. "C’est une idée que nous portons depuis plusieurs années déjà. Mais le modèle que nous défendons est différent de celui présenté par le gouvernement", explique Michel Beaugas de FO. "Quand ils proposent un système basé sur le nombre de ruptures de contrats, quel que soit leur type, nous préférons nous inspirer de ce qui est déjà fait pour les contributions de l'employeur concernant les accidents de travail et maladies professionnel ", c’est-à-dire un système plus précis, assorti de plus de critères. Les négociations sont donc tendues entre les employeurs qui ne veulent pas entendre parler du bonus-malus et les syndicats en ordre dispersé sur leurs propositions.

>> Lire la suite – De plus en plus d'embauches sur contrats à durée déterminée, contrats de plus en plus courts

Fièrement propulsé par WordPress | Thème : Baskerville 2 par Anders Noren.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :