Assurance chômage: les employeurs et les syndicats ne peuvent s'entendre sur des contrats courts

23 novembre 2017 à Nantes. 23 novembre 2017 à Nantes. LOIC VENANCE / AFP

Près de cinq heures de discussions pour aboutir à la promesse de se revoir. C'est le résultat de la sixième séance plénière du mercredi 9 janvier organisée par les employeurs et les syndicats pour établir de nouvelles règles en matière d'assurance-chômage. C'est mince, mais les protagonistes ont réussi à maintenir – au moins temporairement – le dialogue sur un thème qui déclenche systématiquement la guerre de tranchées: la réglementation des contrats courts.

Le sujet est à l’ordre du jour, parce que Matignon l’avait demandé, dans un "Document de cadrage" soumis fin septembre 2018 aux employeurs & # 39; et aux employés & # 39; organisations. L’un des objectifs à atteindre est de: "Empowering" entreprises où le taux de rotation de la main-d'œuvre est anormalement élevé. Comment ? La feuille de route fournie par le Premier ministre est très ouverte et laisse aux partenaires sociaux le soin de trouver les solutions au défi. S'ils échouent, le gouvernement a plusieurs fois indiqué qu'il appliquerait une mesure promise par Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle: le bonus-malus. Un tel dispositif aurait pour effet de moduler les contributions des entreprises (autour d'un taux pivot par secteur) en fonction du nombre de fins de contrat menant à un enregistrement à Pôle emploi.

Cependant, les employeurs y sont totalement hostiles, comme l’a dit Hubert Mongon (Medef) à la fin des discussions de mercredi: "Le bonus-malus n'est pas la réponse adaptée au problème." Les employeurs & # 39; mouvements ont donc invité leurs interlocuteurs syndicaux à "complémentaire" développer "Propositions alternatives". Une sorte de négociation bis, menée en parallèle de la première, qui donnera lieu à de nouveaux échanges sur la lutte contre la précarité, lors d'une réunion prévue le 22 janvier.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Contrats courts: exonérations de charges critiquées par l'OFCE

"Du tuyau"

Sur les pistes à l’étude, M. Mongon n’a pas été très franc, évoquant les employeurs groupes, un mécanisme permettant aux employés de se mettre à disposition et de partager leur temps de travail entre plusieurs entreprises. Le représentant du MEDEF a également expliqué que six branches professionnelles avaient conclu, en 2018, des accords susceptibles "Servir de source d'inspiration". Ces derniers, selon Mongon, contribuent à l'allongement des périodes d'emploi tout en accordant de nouveaux droits aux travailleurs (notamment en termes de formation). Exemple: en métallurgie, le compromis prévoit notamment, entre autres, de réduire les délais d’attente entre deux contrats à durée déterminée ou deux missions temporaires, c’est-à-dire la durée pendant laquelle une entreprise ne peut pas engager le même sous l'un des ces statuts. Il existe également un contrat de construction ou d'exploitation, qui lie l'employeur et l'employé pendant au moins six mois, pour la réalisation d'un projet spécifique. Ce régime a également été introduit par l'accord relatif au monde de la distribution.

La position des employeurs & # 39; Comme on pouvait s'y attendre, les organisations syndicales n’ont guère apprécié. Leurs dirigeants ont d'abord affirmé que le bilan des négociations dans les succursales faisait carrément défaut: "Pas mal mais très maigre", a jugé Marylise Leon (CFDT). Sur le "Pauvreté insignifiante", enchaîné Jean-François Foucard (CFE-CGC). "C'est un tuyau"martelé Denis Gravouil (CGT), considérant que les accords signés sont "Fumigation" et n’aide pas à réduire la précarité.

De plus, les secteurs, particulièrement concernés par la multiplication des contrats à court terme et le phénomène de réemploi d'une personne dans la même entreprise, n'ont rien prévu à ce stade: Mme Léon a cité le domaine du médico-social mais le l’hôtellerie et la restauration est également à la traîne, "Autres activités spécialisées, scientifiques et techniques" (instituts de sondage, en particulier).

En ce qui concerne les pistes de réflexion suggérées par les employeurs "Accès à un emploi durable" et "Possibilités de carrière"), Eric Courpotin (CFTC) les a trouvés "Pas conforme", pour le moment. "Je cherche l'inventivité"sourit Michel Beaugas (FO). Il est "Très gazeux"a ajouté Mme Leon. Comme d'autres de ses homologues, elle a réaffirmé que le cédétiste central était pour le bonus-malus, sa préférence pour un système dans lequel le taux des contributions diminue à mesure que les contrats s'allongent.

Lire aussi Assurance chômage: le gouvernement veut plus de 3 milliards d'économies sur trois ans

Toutes les options seront confrontées le 22 janvier, a déclaré Mongon. Mais le résultat de cette "Débat contradictoire" semble cousu de fil blanc: les employeurs entendent bien démontrer la nocivité du bonus-malus, lors de cette prochaine séance de négociation, et "ouvre le chemin" à d'autres solutions. Dans ce contexte, il est difficile de voir comment les points de vue pourraient converger. Comme M. Gravouil l’a observé mercredi, "Il y a un moment où nous allons nous approcher du mur". Au risque d'un échec des discussions.

Bertrand Bissuel

Fièrement propulsé par WordPress | Thème : Baskerville 2 par Anders Noren.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :