Assurances: la startup Descartes Underwriting séduit industriels et investisseurs

Après les ouragans Harvey, Irma et Maria en Floride et au Texas en 2017, 50% des assurés n'étaient toujours pas indemnisés six mois après la catastrophe. Cet exemple illustre l’un des points noirs de l’industrie de l’assurance: les délais extrêmement longs avant le versement des prestations.

La start-up parisienne Descartes Underwriting, spécialisée dans l'assurance contre les catastrophes naturelles, entend répondre à ce problème en adoptant une approche encore peu développée, celle de l'assurance paramétrique dont le modèle est basé sur des données (principalement des données météorologiques, mais pas seulement). Lorsqu'une anomalie est observée (comme un pixel gravé sur une image satellite en cas d'incendie), la compensation est automatiquement déclenchée.

"Cette approche est opposée au modèle d'indemnisation dans lequel, après une catastrophe, les experts se succèdent pour déterminer le montant de l'indemnisation, ce qui entraîne de longs mois d'attente", expose Tanguy Touffut, fondateur et dirigeant de la jeune entreprise et ancien directeur d’Axa Global Parametrics (filiale d’Axa dédiée à l’assurance paramétrique).

Des données pour mieux évaluer les risques

L'assurtech, qui vient de rejoindre l'incubateur de La Défense Le Swavepromet de réduire les temps de réponse à quelques jours voire quelques heures. Il ne s’adresse pas aux particuliers mais aux grandes multinationales. "Descartes Underwriting est une agence de souscription. Notre travail ne consiste pas à distribuer des produits d'assurance, ni à en supporter le risque, mais à le modéliser pour donner un prix à ce risque et créer des produits innovants pour le couvrir. Nous prenons des risques pour le compte d'assureurs et réassureurs »dit le chef de démarrage.

Pour réussir, la jeune entreprise mise sur l'utilisation de nouvelles sources de données et sur l'utilisation d'algorithmes domestiques. "Disposer de suffisamment de données et utiliser des données externes nous permet d’être plus pertinents quant à l’estimation du risque et donc d’avoir un prix plus juste pour les meilleurs risques alors que certains assureurs ont l’habitude d’ajouter, par mesure de précaution, une marge supplémentaire liée à l’incertitudeexplique Tanguy Touffut. En outre, l’approche automatisée de la gestion des risques contribue à réduire les coûts de traitement de l’assureur et donc à rendre une plus grande partie de la prime à l’assuré. Enfin, l'utilisation de ces données paramétriques permet de lutter contre la fraude à l'assurance.

Par exemple, si la flotte d'un fabricant est endommagée à la suite d'une grêle (une pluie de grêle de quelques minutes peut rapidement représenter 200 millions de dollars de dégâts), les dégâts ne seront pas remarqués par les experts. Ils seront directement évalués à partir de données relatives au poids et à la taille des grêlons.

2 millions d’euros levés

Créée officiellement en janvier 2019, la jeune entreprise travaille déjà pour plus de cinq grands assureurs, réassureurs et fonds..

"Nous avons signé des contrats avec de grands groupes industriels mais également avec des grands parcs hôteliers dont l'activité est particulièrement sensible aux conditions météorologiques", Dit TanguyTouffut.

La startup séduit également les investisseurs. Il vient de compléter une levée de fonds de deux millions d'euros, repris par le site spécialisé Mind Fintech, du fonds BlackFin Tech. "Ces fonds nous permettront d'acheter de nouvelles données auprès de grands fournisseurs, d'acteurs de satellites et du monde de l'Internet des objets [Internet des objets, ndlr]. Ils nous permettront également de recruter des ingénieurs et des spécialistes des données. Quiconque développe les meilleures techniques d’apprentissage automatique et d’intelligence artificielle aura un avantage concurrentiel sur les autres. C’est donc une compétence que nous voulons internaliser, " détaille l'entrepreneur. La startup, qui emploie actuellement quatre personnes, devrait rapidement en compter dix. Elle espère récolter 100 millions de bonus d'ici quatre à cinq ans.

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