Assurance vie: la vérité sur les frais

Les frais, perçus à différents niveaux pour payer l’ensemble de la chaîne de distribution, ont un impact significatif sur les rendements réels. Tout ce que vous devez savoir pour réduire la note.

En période de faiblesse performance des fonds en euros et surtout des contre-performances importantes de unités de compte (UC) l'article "frais" devient particulièrement sensible. Ne pas voir ses économies s'éroder de plus, il est important de distinguer ces différents postes de dépenses et de comprendre à quel niveau ils agissent.

1 Apparent: frais sur acomptes

Le simple fait de souscrire une police d'assurance vie n'est pas gratuit: de nombreux acteurs traditionnels (assureurs, bancassureurs, institutions de prévoyance, etc.) réduisent en réalité l'épargne déposée, avant même qu'elle ne génère pas d'intérêt: 2% chez Multéo (GMF Vie). ) mais jusqu’à 4,75% avec Swiss Life Freedom Plus (Swiss Life), c’est-à-dire que, pour un paiement de 10 000 euros, une économie effectivement investie de 9 800 euros à 9 525 euros par exemple …

Ces commissions sur acomptes absorbent aujourd'hui deux ou trois années de performance du fonds en euros, ce qui est particulièrement pénalisant pour un investissement à moyen terme ou une épargne en attente de réutilisation (entre deux transactions immobilières par exemple). Il est possible de négocier pour les réduire (pour un paiement d'au moins 75 000 euros sur le contrat d'épargne retraite 2 de l'Asac Fapès par exemple) ou, mieux, pour les annuler. Ce n'est que dans les banques ou les courtiers en ligne (Fortuneo.fr, Boursorama-banque.com, Assurancevie.com, Linxea.com, Mes-placements.fr …) que nous pouvons trouver des contrats sans frais sur les acomptes provisionnels.

Une autre ponction initiale possible, plus modeste, réalisée sous les frais d'adhésion à une association, si vous choisissez un contrat de cette facture: 20 euros à l'Afer, 30 euros à l'Agipi par exemple. Dans tous les cas, la réglementation limite le total de ces deux types de dépenses à 5% des primes annuelles (art. L. 132-22-1 du code des assurances).

2 récurrents: frais de gestion

Les frais de gestion annuels des contrats d’assurance vie présentent peu d’intérêt, et ce pour une bonne raison: les rendements des fonds en euros sont systématiquement rapportés nets de ces coûts (mais sans les cotisations de sécurité sociale). Cette méthode a certes le mérite de faciliter les comparaisons, mais au contraire, elle ne laisse rien montrer l’impact réel de cette ponction, alors qu’elle est loin d’être neutre.

Dans un contexte de taux obligataires moribonds, les gestionnaires ont du mal à saisir les performances du fonds en euros. Frais de gestion annuels de 0,35% (Compte d’épargne libre Future of the MIF par exemple) contre 1% (Aviva Savings Plan, par exemple) se traduisent, année après année, par une différence de rendement (2,50% pour MIF contre 1,90% pour Aviva en 2017, et 2,48% contre 1,80% en 2018) et donc, in fine, l’épargne accumulée.

Autres points sensibles: le niveau des frais de gestion appliqués aux médias en unités de compte (supérieur de 0,20% à 0,30% en moyenne par rapport à ceux des fonds en euros). Et surtout comment communiquer la performance des UC, qui n’est systématiquement pas nette de frais de gestion de contrat, mais brute, qui change tout … Pour comprendre, prenons l’exemple du fonds diversifié Carmignac Patrimoine, auquel il peut accessible via plusieurs contrats et a enregistré une performance négative de -11,29% (brut) l’année dernière. Pour 10 000,00 euros investis début 2018 sur ce fonds, il reste un an plus tard 8 817,61 euros avec le contrat RES Multisupport (MACSF), par exemple, moins les frais de gestion annuels de 0,50% et la commission de garantie minimale obligatoire de 0,10%, mais 8 796,48 € avec le contrat Altaprofits Vie (Altaprofits.com), moins de 0,84% de frais de gestion annuels sur les unités ouvertes compte, mais à l'exclusion du coût de la garantie optionnelle.

3 Ignoré: charges internes et rétrocommissions

Contrairement à ce que les documents commerciaux de chaque contrat peuvent suggérer, les coûts intrinsèques, les frais de gestion annuels visés, ne sont pas les seuls à grignoter dans le temps le montant des économies réalisées: chaque unité de compte (UC) inclut les frais de gestion internes, qui ne sont pas évidentes car elles ont déjà été déduites de valeur nette d'inventaire. Selon le site internet Goodvalueformoney.eu, ces frais s’élèvent en moyenne à 2,10% par an en moyenne sur les médias actions, ce qui représente un net manque à gagner, en particulier lorsque les marchés sont mal orientés. Ils peuvent être plus élevés si des coûts de surperformance supplémentaires sont attendus.

Ces honoraires ou "rétrocommissions" servent à rémunérer, généralement pour la moitié, le travail du gestionnaire, d’une part, et les conseils que le courtier en ligne ou l’IFA est supposé donner à son client, d’autre part. Sachant que pour ces derniers, il est très facile d’imaginer que certains fonds sont plus "poussés" que d’autres, car plus rémunérateurs …!

En fin de compte, et avant même que les UC enregistrent une performance positive, la diversification est déjà coûteuse. Compte tenu des frais de gestion de contrat de communications unifiées raisonnables (de 0,60% par an), auxquels s’ajoutent ces coûts moyens de 2,10%, l’ajout grimpe à un minimum de 2,70% par an. année.

Pour contourner ces coûts internes, de plus en plus de distributeurs mettent en avant les fonds négociés en bourse (FNB) ou les fonds cotés en bourse qui reproduisent en permanence l'évolution d'un indice boursier. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'ils ont des frais de gestion internes moyens de seulement 0,30%, ce qui est 5 fois moins que les frais facturés à gestion active.

Cependant, soyez conscient des coûts d'investissement spécifiques (et parfois même du désinvestissement!) Mis en place par certains assureurs: par exemple, 0,10% de la valeur liquidative de chaque ETF proposé dans le Mes-placements & # 39; libre investissement contrat d'investissement. fr (Spirica, filiale de Crédit Agricole Assurances).

Même vigilance pour les investissements en actions SCPI: au-delà des frais de gestion annuels de chaque contrat, il existe une série de ponctions à ne pas négliger: d’abord pour l’acquisition d’actions (6% à 10% de leur valeur moyenne), puis pour leur gestion (7% à 15% par an sur les loyers perçus) et enfin pour leur revente parfois. "Lorsque nous ajoutons les déductions sur le loyer versées par le SCPI jusqu'à 15%, un investisseur ne récoltera donc que 2,3% net de tous les coûts, hors taxes, pour un SCPI dont taux de distribution est 4,43% par exemple », résume Edouard Michot, fondateur de AssuranceVie.com.

4 Sneaky: frais de gestion gratuits

La gestion de la répartition de votre épargne entre différents fonds vous permet en théorie d'éviter les coûts de délégation. En pratique, si on ne fait pas attention, la gestion libre peut toutefois coûter cher en frais d’arbitrage, facturés forfaitairement ou proportionnellement: 0,10% des sommes arbitrées, avec un minimum de 5 euros et un maximum de 30 euros à la Contrat Multi Life (Mutavie) par exemple.

Pour une gestion active, il est préférable de passer à des contrats qui ne le pénalisent pas: c'est le cas de tous les acteurs travaillant aujourd'hui sur Internet, à la seule condition que cette opération soit réalisée en ligne. Déléguer la gestion de ses économies à des professionnels pour obtenir des performances potentiellement plus élevées a également un coût: + 0,65% pour Groupama Premium (Groupama Gan Vie) par exemple.

5 surprenant: les frais d'arriérés

Au moment de la souscription, peu d’épargnants étudient les conditions de sortie de l’épargne alors qu’il peut être intéressant de transformer certains d’entre eux en rente viagère par exemple, pour faire face aux coûts de la perte d’indépendance.

Lorsque cette option est proposée, des honoraires dits "en retard" peuvent venir percer le montant de la pension versée: 3% pour Symphonis Vie (Suravenir) par exemple, ou pour une pension de 1 000 euros par mois (hors taxes et charges sociales) une perte pour collecter 360 euros par an!

Vers plus de transparence

Pendant un peu plus d'un an, tout épargnant qui souhaite investir son épargne dans un fonds doit d'abord recevoir un document d'information clé pour l'investisseur (KIID) standardisé présentant ses objectifs, son niveau de risque et bien sûr ses dépenses. . Cette obligation, qui vise une plus grande transparence, et qui résulte de l'entrée en vigueur du règlement européen PRIIPS et de la directive sur la répartition de l'assurance (DDA), est cependant loin d'être parfaite car, comme le souligne Albert chez Anthoüard, des clients privés sur Nalo.fr: « parce que les clients oublient très vite les coûts mentionnés dans ces KIID ou ne les lisent pas du tout. Pour être vraiment transparent, il faudrait un résumé annuel exprimé en euros et non en pourcentage. "
Sur ce point, le règlement pourrait évoluer prochainement: un amendement à l'article 21 de la future loi sur le pacte, adopté en première lecture par l'Assemblée nationale, devrait obliger les assureurs à communiquer, au moins une fois par an, le montant des frais de gestion pour chaque unité de compte choisie et le montant de la remise reçue par le distributeur du contrat.

Roselyne Poznanski

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