Assurance vie 2018: bonne collecte, rendements médiocres

Sur le papier, l'assurance-vie a tout. En plus d'être le placement favori des Français, les chiffres de 2018 prouvent qu'il ravive un dynamisme dont il ne peut pas toujours se vanter. Les professionnels de l'industrie l'accueillent. La Fédération française des assurances (FFA) affiche un "progrès très net par rapport à 2017" en termes de collecte nette. Comprenez: la différence entre les montants déposés par les épargnants et les montants retirés.

Autre chiffre positif: 2018 est le volume des souscriptions d’unités de compte, La meilleure année de l'histoire avec 39,5 milliards d'euros collectés. En bref, l’assurance-vie affiche une santé étonnante, mais aussi durable à long terme, malgré des rendements moyens qui n’ont absolument rien de spectaculaire (le taux de rendement des fonds en euros est passé de 1,8% en 2017 à 1,6%) en 2018).

Dans un contexte économique semé d'incertitudes, l'assurance-vie est donc bonne. C’est une autre histoire que Cyrille Chartier-Kastler, président fondateur du site Web Good Value for Money (GVfM), des échos

La Fédération française des assurances bénéficie d'un apport net de 22,4 milliards d'euros en 2018 (contre 8,3 milliards en 2017). Que pensez-vous explique cet appétit français pour ce type d'investissement lorsque sa rentabilité est révélée, une fois les cotisations de sécurité sociale et l'inflation déduites, presque nulle?

Cyrille Chartier-Kastler: Il y a au moins trois raisons fondamentales. On ne soulignera jamais assez, mais les Français ont compris l'assurance-vie. C'est un investissement qui reste relativement simple (et il doit le rester!). Dans le même temps, ce secteur présente l’avantage de ne répertorier aucun assureur en faillite en France. Les épargnants ne craignent pas de perdre de l'argent. Historiquement, il s’agit d’un investissement sûr et durable. Ça doit rester simple.

À l'inverse, si de nombreuses voix se font entendre pour souligner le ralentissement du marché de l'assurance-vie survenu en décembre 2018 avec une collecte négative estimée à 600 millions d'euros, il est important, encore une fois, de ne pas aller trop loin. Ce ne sont pas tant le Brexit, la guerre commerciale, le budget italien ou les "gilets jaunes" qui sont responsables de cette déception de la fin de l'année. Les raisons de cette sortie sont fondamentalement structurelles.

Chaque année, c'est au mois de décembre que nous observons les sorties les plus importantes. En 2018, elles étaient estimées à 11,1 milliards d'euros, en 2017 à 11,2 milliards et en 2016 à 11,7 milliards d'euros de sorties. Cela est principalement dû au comportement des Français vis-à-vis de leur épargne personnelle. En fin de compte, nous avons totalement tort de rechercher des raisons «intelligentes» pour expliquer ce phénomène.

Pourquoi une telle augmentation de la collecte nette entre 2017 et 2018?

Il est nécessaire de relativiser cette progression, surtout si l’on examine l’état du marché pendant plusieurs années. Nous reprenons des niveaux de collecte que nous avons vus à plusieurs reprises dans le passé. Mais l'assurance-vie a en effet battu des records en 2018 en termes de recouvrement brut. De ce point de vue, nous ne pouvons que nous réjouir pour les assureurs. Pour couronner le tout, il faut bien comprendre qu’aucun autre investissement aussi sûr que l’assurance vie n’a émergé ou n’a été lancé l’année dernière.

À quoi s'attendre en 2019?

Il me semble que ce niveau de collecte devrait se maintenir et que le marché de l’assurance vie devrait rester dans une très bonne dynamique cette année. Il se peut que les contrats soient structurés et que la part des fonds en euros soit beaucoup plus importante. En même temps, les épargnants devraient être beaucoup plus réticents à opter pour des unités de compte en 2019.

Fièrement propulsé par WordPress | Thème : Baskerville 2 par Anders Noren.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :